Je voulais absolument voir ce téléfilm sur Goldman, non pas Jean-Jacques ou Robert mais bien Pierre Goldman, l'autre frère, le frère de l'ombre celui dont peu de gens se souviennent et qui pourtant à marquer l'histoire en France entre 1969 et 1979.
Cet homme né en 1944 à Lyon, en pleine occupation allemande, de parents juif polonais qui participent activement à la résistance se découvre vite l'envie de faire bouger les choses dans un pays qui va mal. En classe de second il se montre déjà très agité et contestataire, admiratif de l'action de ses parents il adhère aux "jeunesses communistes", et devient vite responsable de la sécurité de "l'union des étudiants communistes". A l'aube des évènements de 1968, il ne trouve pas sa place dans ce combat qu'il estime trop pacifiste, pour lui les pavé sont de la guimauve et aspire à quelque chose de plus violent et plus sanglant il embarque alors pour le Vénézuela et s'engage dans le conflit Latino-américain. Formé à la guérilla il apprend le maniement des armes, après un an de conflit il rentre en France, mai 68 est passé par là, il ne se reconnait pas dans l'issue des manifestations et essaye de relancer le front de gauche, il réuni ses anciens camarades, qui eux ont posé les armes, pour relancer le mouvement contestataire mais il veut aller plus loin et commet quelques braquages pour pouvoir armé le mouvement d’extrême gauche. Les services de police l'on déjà à l'oeil et en décembre 1969, un indicateur le dénonce comme étant le braqueur sanglant d'une pharmacie, il est alors accusé du double meurtre des pharmaciennes, plusieurs témoins l'identifieront d'abord sur photo puis en parade d'identification, dans des conditions mise en doute au second procès.
Pierre Goldman avoue alors son implication dans ses trois braquages mais nie formellement sa participation aux meurtres du boulevard Richard Lenoir. Il écope de 5 ans de prison pour ses trois braquages en attendant son procès pour meurtre, pendant se temps la France se divise autour du procès et les deux camps de mai 68 se retrouvent de nouveau face à face, pour les uns Goldman à la tête de l'emploi, pour les autres c'est un coupable idéale. La cour d'assises de Paris le condamne à la perpétuité. A la prison de Fresne, il écrit ses "souvenirs d'un juifs polonais né en France" et acquiert une certaine sagesse, il approche la religion et apprend l'hébreu, mais il y rencontre également d'autre gangster. Pendant ce temps dehors les soutiens s'organisent réunissant intellectuels de gauche et divers artistes, en autre Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Simone Signoret ou encore Maxime Le Forestier qui écrira même une chanson en l'honneur de Pierre (La vie d'un homme), dont le quotidien Libération, en parti tenu par des amis de Goldman, se fait l’écho. En octobre 1976, Pierre Goldman est acquitté au terme d'un second procès retentissant, qui met en évidence l’inexistence de preuves contre Pierre Goldman. Il sort de prison après avoir purgé sa peine pour les 3 hold up auxquels il a avoué sa participation. Libération lui propose une place de chroniqueur, mais il claquera la porte quelques temps après, trouvant leurs articles trop gentillés envers les pouvoirs en place. Ses envies de révolte refont surfaces, il reprend contact avec de vieilles connaissance qui le mettrons en relation avec Jacques Mesrine, il désire se procurer des armes pour aider l' ETA à s'organiser.
Le 20 septembre 1979 il sort de chez lui pour prendre le métro, et au détour d'une petite place un commando armé, l’abattra en plein jours de plusieurs balles à bout portant. L'assassinat est revendiqué par un groupe d'extrême droite dénommé "Honneur à la police". Les obsèques de Pierre Goldman ont lieux le 27 septembre, une foule de près de 20 000 personnes, militants, artiste ou intellectuel de gauche, formeront un cortège pour l'accompagner jusqu'à sa dernière demeure. Sa femme, épousée en prison, accouche de leur fils, Manuel, quelques heures après son assassinat.Trente ans plus tard, le journaliste Michel Despratx (pour Canal+) a réussi à identifier les tueurs qui auraient agi sur ordre du tristement célèbre Service d’action civique (SAC). Face à la caméra, l’un des tireurs, ancien militant d’extrême droite devenu para puis mercenaire, revendique aujourd’hui cet assassinat. Deux de ses complices étaient policiers, l’un au RG, l’autre à la DST. Le ministre de l’Intérieur et le directeur de la police nationale de l’époque assurent qu’ils n’étaient pas au courant. Pierre Goldman a bien été éliminer sur ordre des services de l'état.
J'ai toujours eu une sorte de fascination ou admiration pour ces hommes, extrémiste certes, mais plein de courage et de conviction. Non pas que je sois d'accord avec leur façon de faire et les moyens employés, mais leur détermination pour une cause est extraordinaire. Pierre Goldman était un idéaliste bercé par le Marxisme, qui pensait que la seule façon de faire bouger les choses était de passer par les armes, après son retour du Vénézuela il n'a pas accepté ce que la jeunesse populaire, elle, avait assimilé. Il n'a pas compris que cette tranche de la population avait bel et bien gagné la bataille de la rue, même si tout n'était pas parfait ils avaient été entendu et c'était bien là l'essentiel. Cet homme à déranger les pouvoirs en place et par crainte d'un nouvel épisode "mai 68" plus sanglant, l'état a voulu réduire au silence Pierre Goldman. On l'a mis en prison pour des meurtre qu'il n'avait pas commis et l'a prison l'a assagit ou plutôt l'a fait réfléchir, il en est sorti plus instruit, mais avec un idéalisme renforcé. A sa sortie de prison il est retombé dans ses travers d'anarchisme, et lorsqu'il a voulu reprendre les armes, il a été tout simplement éliminé. C'était l'époque du grand banditisme, les années 70 ont été sanglante et Pierre Goldman fut assassiné tout comme Jacques Mesrine, abattu 1 mois plus tard, par la police porte de Clignancourt en pleine journée. Pierre Goldman, malgré ses écrits, n'a peut-être pas saisi la portée de ses actes, mais la foule amassé lors de ses obsèques montre qu'il a contribué a soulevé le peuple dans un mouvement socialiste, qui a certainement compté lors de l'élection de Mitterrand 18 mois plus tard. Pierre Goldman, communiste de la première heure, n'a pas emprunté le meilleur chemin pour se faire entendre, il en est devenu gênant pour la droite et peut-être même pour la gauche, Pierre Goldman devait être réduit au silence. Charlie Bauer a avoué qu'il y avait bien un projet d'association avec Jacques Mesrine et Pierre Goldman et qu'ils préparaient des actions sanglante antifasciste. Il est aujourd'hui quasiment certain que Pierre Goldman a été assassiné pour des raisons d'état.
Le téléfilm difusé sur Canal+ en ce moment retrace assez bien la vie de Pierre Goldman, il nous donne des éléments de réponse, et le reportage sur son meurtrier nous éclair sur les raisons de son assassinat. A voir absolument.






























